
Après tout, Dieu peut bien passer à travers toutes les formes grammaticales. Ce qui a été, à juste titre, retenu et reconnu, c’est le souffle puissant et rapide qui traverse l’ensemble des dialogues du livre ; une flamme qui éclaire et avive questions, passions, sentiments, découvertes, sans les brûler, mais en les gravant plutôt au cœur même des êtres. Xavier, le jeune journaliste, « passeur d’idées » mais désemparé devant les difficultés de la vie ; le « club » des ermites, une association un peu particulière dont la sagesse tendre mais austère fait penser aux sentences des Pères du désert. Aussi affirmatifs dans leurs convictions humaines et spirituelles, moins énigmatiques sans doute.
Sans rien trahir du contenu d’un livre à méditer, on peut ici, je crois, admettre que le personnage central, d’abord absent, puis dévoilé en ses multiples facettes est l’Amour lui-même, malgré ses contrefaçons, annoncées ou dénoncées par les plus belles pages de l’Évangile. Nous en saisissons toute l’ampleur grâce à l’écho des paroles d’écrivains, souvent poètes, que l’auteur aime à évoquer.
Il serait tentant de recueillir au fil des chapitres un passage particulièrement incisif, une citation parmi d’autres que l’on aimerait retenir. Pour ma part, ce qui m’a touchée dans “Le Passeur de Dieu“, c’est l’intention décidée, exprimée de multiples manières, qui anime le « Curé de la Canebière », sa logique d’artiste-prêtre. Il chante sur un CD inclassable “Une idée folle” : le projet qu’il a de rencontrer indistinctement ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. Les uns se pressent pour écouter ses homélies sous la voûte désormais illuminée de l’église Saint-Vincent-de-Paul. Pour les autres il peut déposer en librairie, ou en kiosque numérique, à tous vents, une écriture plus vaste que la parole. Ce roman ? Non pas un réservoir de vérités toutes faites à reconnaître, mais des mots authentiques, aussi libres que les semences d’ Évangile jetées à la volée !

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