Lorsque le Renouveau « Charismatique » déferla sur la France dans les années 70, il s’accompagna dans le cœur de certains Chrétiens touchés de près, d’un effet de surprise et d’étonnement joyeux. Inconnus, en notre siècle du moins, l’acclamation publique du nom de Jésus, les louanges plus longues que des offices liturgiques, mais aussi les prières en petits groupes, en groupes plus élargis, les farandoles sur le trottoir des rues passantes ; mais surtout les « charismes » gratuits accordés aux assemblées improvisées ou non, sous forme de motions en direct de l’Esprit Saint, les paroles de science, l’annonce de guérisons parfois spectaculaires.

Parmi les ordres religieux anciens, dominicains ou jésuites, les questions ne tardèrent pas à se poser : ce jaillissement de foi bouillonnante était-il un phénomène passager ou durable ?
L’émotion collective n’était-elle pas en passe de compenser la routine qui s’était installée au sein de l’Église Catholique aux prises avec la vigueur extraordinaire des Pentecôtistes ?
On ne se contentait pas de lire l’actualité du Renouveau au présent : des conditions de possibilité de sa survie dans l’Église étaient développées.
Témoin ce texte des années 84-85, à la frontière de la psychologie des groupes et de la théologie spirituelle. Écrit par le frère Jean-Claude Sagne o.p. (1936- 2010)[1], il nous interroge sur le Renouveau aujourd’hui – ses erreurs fatales pour certaines communautés, sa réussite stable et croissante pour d’autres.

[1] Le Père Jean-Claude Sagne a fait partie de la Communauté du Chemin Neuf, tout en restant proche de la Communauté de l’Emmanuel [et du Père Albert-Marie de Monléon, o.p. qui en fut le conseiller]. Professeur de psychologie sociale à l’Université Lyon II, il s’est toujours intéressé à l’action de l’Esprit Saint dans les cœurs et dans l’Église.
Jean-Claude SAGNE : Le Renouveau Charismatique:
- Préambule (A.R.)
- Essai de discernement
- L’évolution des groupes de prière
- L’évolution des communautés
- L’exercice du ministère de guérison
- Le statut de la théologie spirituelle
- Marie, garante de l’unité du Renouveau

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