d’après St Augustin, la Cité de Dieu.
Nous allons présenter un des ouvrages les plus célèbres, le plus complexe aussi de Saint Augustin : la Cité de Dieu

Aborder la Cité de Dieu en un temps limité, c’est une tentative risquée, pour de multiples raisons.
- D’abord, le texte qui nous est parvenu a été écrit en plus de 14 ans ; c’est donc une réflexion approfondie, reprise sur de nombreuses pages, dans un style de haute volée, qui d’ailleurs change en fonction des thèmes.
- Ensuite, la longueur des analyses, chapitre après chapitre, a de quoi décourager. St Augustin demande souvent au Seigneur de lui permettre de continuer son travail, de lui en donner la force, de l’éclairer. Avec un peu d’humour, on peut dire que Dieu est large en miséricorde. Il nous faut donc suivre les réflexions d’un auteur largement inspiré, et prendre en compte cette divine inspiration et ses méandres. Soit un millier de pages rédigées par un évêque bien connu, Père de l’Eglise, ancien avocat, imbu de culture ancienne et sachant parfaitement régler une cause ou un conflit. Augustin, de surcroît, est un véritable pasteur soucieux de transmettre la vérité du Christianisme à des catéchètes, à des baptisés déjà et à tout son peuple. Donc, il explique, et c’est très travaillé, il explique la doctrine chrétienne, celle qu’il a apprise et celle qui existe évidemment depuis 5 siècles. Par moments, on peut reconnaître des thèmes complexes qui malgré tout parlent à l’homme moderne.

Il ne faut pas s’égarer certes dans cette longue réflexion et parfois se laisser enchanter par une écriture qui n’a pas pris une ride, comme Benoît XVI, un pape augustinien, le faisait remarquer au sujet de la Résurrection par exemple, nous verrons.
La Cité de Dieu est d’une richesse thématique impressionnante. S’il s’agit bien de définir un espace, une ville où Dieu est le maître, centre et roi. Il faut pour mener à bien cette tâche :
- la foi la plus résistante face aux païens du IVe siècle qu’Augustin appelle isti, ces gens-là, pronom quelque peu péjoratif en latin.
- la culture la plus élaborée face aux philosophes (réticents), bien connus de notre évêque (surtout les néo platoniciens),
- une culture historique, biblique, littéraire, théologique, numérologique, philosophique et jusqu’aux sous-entendus, et bien sûr, la connaissance d’une piété populaire polythéiste, encore bien vivace et ancrée dans les esprits.
On comprend bien que pour aborder ces contenus, le style propre à chacun, il faut du temps. Augustin, évêque, le trouve, il y met 14 ans, et nous laisse aborder tranquillement une œuvre de 22 livres répartis par chapitre, soit 1100 pages :
Les 10 premiers livres sont consacrés à la réfutation d’un paganisme très présent à Rome, à Carthage ; et dans l’Afrique dont il est issu, malgré 4 siècles de Christianisme, le polythéisme ravageur subsiste.
Les 12 livres suivants définissent la genèse, l’évolution, les tribulations et les joies futures de la Cité de Dieu, réponse sans appel au paganisme qui ne donne rien à la cité, surtout pas la vie éternelle, pour le dire vite. Les joies qui nous attendent, terme de notre itinéraire terrestre, constituent en fait la finalité de la création et de la créature (Livre XXII surtout) et elles ont un parfum de ciel et d’éternité.
Annick Rousseau

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