• Coup d’œil sur…L’Assomption (2)

    Fra Angelico - La dormition de la Vierge
    Fra Angelico – La dormition de la Vierge

    Dès les premiers siècles, les chrétiens ont pensé la fin de la vie de Marie différemment de la nôtre. Mère du Verbe incarné, c’est à dire de Dieu lui-même, elle ne pouvait pas subir la corruption en son corps.

    Ce thème récurrent est toutefois traité avec des nuances importantes mais non incompatibles selon la théologie Catholique ou Orthodoxe. Dans les deux cas, la difficulté se présente multiforme : d’abord les épisodes de la vie de Marie après l’Ascension du Christ ne figurent pas dans les Évangiles. Ensuite, il faut reconstituer pour le dire vite la vie du Ciel et l’agir des Saints. Par exemple, on coupera en plusieurs temps de notre monde, trois épisodes qui se sont nécessairement déroulés en une trajectoire unique reliant le temps et l’éternité.

    Icône russe du 17ème
    Icône russe du 17ème

    La DORMITION DE LA VIERGE est caractéristique des icônes orthodoxes même si ce terme apparaît aussi dans la théologie catholique : Il désigne le sommeil paisible de Marie comme en attente d’être enlevée à la terre. Traditionnellement, le Christ en gloire, mais proche de sa mère, tient un enfant très petit, tout de blanc vêtu qui représente l’âme de sa mère. Il la recueille et souvent la présente au Père céleste. Le corps de la Vierge est conservé dans un lieu sacré. Il y a séparation de l’âme et du corps, c’est ainsi que l’on célèbre cette absence provisoire de la Vierge Marie entourée d’apôtres et de saints.

    L’ASSOMPTION DE MARIE

    Le couronnement de Marie par les anges

    Dans le culte catholique elle est marquée du sceau d’une iconographie prégnante, elle nous parle certes sans difficulté. Mais de quoi au juste ? Sauf exception l’on voit Marie, une belle jeune fille s’envoler avec son corps et son âme, transperçant les nuées qui enveloppent le divin, voire le signifient. Elle vole dans un ciel peuplé ou non, d’anges.

    En fait son “enlèvement” du monde des hommes est la réplique de l’Ascension du Christ, même si l’étymologie de ces termes proches ne signifient pas la même réalité. Reste que les difficultés de comprendre les mouvements du divin nous écartèlent. Marie serait quelque part dans notre ciel maintenant trop connu ? Elle se cache à nos yeux mais peut nous apparaître dans son corps resplendissant et marcher avec nous sur tous nos chemins. Peut-on dire d’elle, alors, qu’elle est ressuscitée ? Une telle affirmation présupposerait sa mort… que justement le temps de la dormition exclut.

    LE COURONNEMENT DE MARIE (FRA ANGELICO : un synoptique des mystères)
    Fra Angelico - Le couronnement de la Vierge
    Fra Angelico – Le couronnement de la Vierge

    La vierge Marie n’est pas enlevée au monde pour rester isolée dans on ne sait quelle gloire, dans on ne sait quel coin retiré du monde des vivants. La suite liturgique de ce passage au divin par la dormition et l’assomption est, au contraire la reconnaissance d’une royauté d’une humble magnificence que l’on a peine à imaginer.

    Dans notre tradition, Marie, Éve nouvelle, est comme aspirée par “un baiser du Père” qui la place en son cœur, et l’accueille comme la beauté d’une créature attendue de toute Éternité. Parfois des anges la couronnent, non d’une auréole, mais d’une couronne dorée, celle des Reines. Marie reine des puissances célestes mais aussi de la paix et de toute affaire terrestre. Le Christ souvent honore sa Mère d’un même geste. Le mystère en toutes ses dimensions se déploie dans le tableau inspiré D.Enguerrand Carton, en lequel la Vierge est par sa position : fille du Père, Mère du Christ, Épouse de l’Esprit Saint. L’humble servante du Seigneur ne siège sur le trône de gloire que pour réunir définitivement la sphère céleste et le monde déjà sauvé par l’incarnation. (A.R)


  • Coup d’œil sur…L’Assomption

    Abbaye de Sénanque

    L’Assomption, sans doute la plus grande fête mariale pour les chrétiens, recouvre la dormition de la Vierge, sa “montée” au ciel et son couronnement par le Père, le Fils et l’Esprit Saint. (AR)

    Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
    Le Seigneur est avec vous.
    Vous êtes bénie entre toutes les femmes
    Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
    Sainte Marie, Mère de Dieu,
    Priez pour nous pauvres pécheurs,
    Maintenant et à l’heure de notre mort.


  • Coup d’œil sur…Sainte Anne

    Un prénom, un saint… coup d’œil sur Sainte Anne, fête le 26 juillet

    Le culte de Ste Anne est sans doute très ancien. À Auray, depuis son apparition à un pieux paysan, elle habite familièrement chapelles et églises bretonnes. Sur un unique socle, on repère Ste Anne et la Vierge Marie enfant, déchiffrant la Bible que lui tend sa mère… elle est éducatrice.

    Les jours de procession, dans les cantiques traditionnels un peu vieillis mais fervents, dans leurs accents d’imploration, on devine, venant de loin, le vent de la mer menaçante, soulevant les pans brodés des coiffes bigoudènes : « Sainte Anne, ô bonne Mère, vers toi montent nos chants, entends notre prière et bénis tes enfants »… elle est protectrice.

    Et lorsque Anne et Joachim, son époux, se profilent ensemble, les couples, dans leur maturité, se tiennent par la main, se reconnaissant dans la tendresse de leur union.. elle est modèle de vie.

    La Sainte Anne de Léonard de Vinci (16e siècle)

    Sainte Anne - Léonard de Vinci

    Sainte Anne, d’après cette peinture, est sans doute moins enveloppée de piété que dans la version décrite ci-dessus. Mais elle est aimée, “vénérée”, comme un trésor unique de l’Art. Elle, la Vierge et l’enfant ludique, sont à la lettre sortis de l’ombre, après une savante restauration restituant la transparence des voiles, la subtilité des couleurs de Léonard, la sobre beauté des visages.

    La Mère, par son geste, semble éloigner Marie de l’enfant Jésus, proche de l’agneau. Jeu aujourd’hui, demain, symbole de la Passion. Une sainte patronne belle et tendre, comme si le divin, grâce à elle s’était glissé dans le monde.

    Annick Rousseau

    Musée du Louvre :

    La Sainte Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci


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    Bruegel, le Moulin et la Croix

    Le Portement de Croix - Kunsthistorisches Museum de Vienne, 124 x 170 cm, 1564
    Le Portement de Croix – Kunsthistorisches Museum de Vienne, 124 x 170 cm, 1564

    Nous avons regardé et aimé ce film splendide et atypique de Lech Majewski, mettant en mouvement l’un des tableaux les plus riches du peintre Bruegel. Lien étrange du cinéma et de la mise en scène picturale, 2 DVD à voir en famille sur votre ordinateur. A.R.


  • Les anges de Venelles

    Depuis le 14 Décembre 2008, jour de sa consécration, s’est écrit toute une histoire de la nouvelle église de Venelles (voir la page Église) jusqu’à ce jour du 20 Mai 2012, où le P. Michel Girard, qui suivit la construction du bâtiment, après le P. Laroche, est revenu dans son ancienne paroisse pour une célébration un peu inhabituelle : la Bénédiction de deux anges mystérieux, attendus depuis trois ans par les paroissiens ; leur volume imposant enveloppe le faîte des deux piliers délimitant l’espace sacré. Au fait, qui sont-ils ?

    À droite l’ange est tourné vers l’ambon, il est l’oreille qui écoute la Parole.
    À gauche l’ange est tourné vers l’autel.

    Le P. Michel, concélébrant avec le P. Hervé CHIAVERINI, notre nouveau vicaire, est venu lever le voile. Il nous a dit son profond désir de voir des visages en entrant dans la nef. À gauche, le visage le plus jeune, il faut reconnaître, le plus beau, il est tourné vers l’ambon, il est l’oreille qui écoute la Parole. L’autre, à droite, regarde l’autel et invite les fidèles à suivre le déroulement de la liturgie eucharistique : ainsi sont reliés la terre et le Ciel.

    L’initiateur des anges fera allusion à deux grands textes bibliques qui l’ont inspiré : Isaïe 6-1-8, l’Hymne des séraphins, brûlant de l’Amour de Dieu, trois fois Saint. Puis, le texte solennel où l’on voit Moïse construire un abri pour les Paroles de Dieu. Sur le propitiatoire doivent veiller deux Chérubins, gardes du monde de Yahvé. Exode,25,16 22

    L’équipe des bénévoles ayant travaillé à ces œuvres, Livio Nuzzio en premier, sculpteur napolitain, fut chaleureusement accueillie.

    Quant au projet de notre ancien curé, il a beaucoup gagné à ses explications ! J’ajouterai, le tenant de lui-même, que nos hypothèses au sujet des anges n’étaient point fondées : à gauche nous n’avons pas d’archange Gabriel, à droite point de St Michel. Des visages ailés, des séraphins, des chérubins, de quoi réviser l’ordre des puissances célestes…

    C.R. A. Rousseau – Photos D. Castanet

    Voir aussi Les reliques de la nouvelle église


Annick R.

Mariée, 6 enfants. Agrégée de philosophie. Professeur de psycho-pédagogie dans le cadre de la formation des maîtres, et d’histoire de la philosophie au séminaire de la Castille à Toulon et à l’abbaye de Ganagobie. Entre famille et amis, cultive son jardin que l’on peut parcourir librement en visitant ce blog.